vendredi 28 novembre 2008

Images à conter pour l'enfant du rêve (suite)








Nous avons toujours le temps de faire un petit oeuvrage de création. Du temps qu'on laisse divaguer devant l'écran de la télévision ou celui de l'ordinateur, du temps où l'on n'agit pas.
Du temps où l'on ne rêve même pas...
Pour que l'atelier collage ne soit pas encombrant, surtout si l'on vit dans un appartement, il faut privilégier un petit forma. Ensuite travailler sur une planche de contreplaqué qu'on peut ranger sous un lit par exemple.
Avoir une ou deux boîtes pour ranger les images.... Une paire de ciseaux, de la colle pour le papier. Et se laisser aller.... Pour vous laisser aller sur le chemin de l'imagination, prenez les images que vous avez sélectionnez et retournez les sens dessus dessous, pour voir dans quel sens, le déclic va se faire. Vous pouvez mêler à votre collage des photos prises dans la réalité de la vie pour leur faire un fond de merveilles....
Alors, pour Noël, le Nouvel An ou un anniversaire, quel merveilleux cadeau qu'un livre à rêver.
Et si l'aventure du livre vous fait peur, il reste la solution des cartes, page par page...
Des cartes pour des voeux très personnels, des voeux réels qui n'auront rien de virtuels....
Muriyat

jeudi 27 novembre 2008

Glyphe 7 : peau-aime maya

Sous l'inexorable droite ligne du temps
Malgré la menace des âges gris
A venir
Tu ne renonces pas
Toujours
Et en corps
Tu envisages un rêve
Jean-François Benoist

Muriyat

Lettres de Charlou le Bidouille aux petits lapins : à propos de la cuisine !


Salut les lapins !

Il faut que je vous dise...
Il y a une pièce fabuleuse dans la maison, malgré tous les appareils ménagers que je n’aime pas qui y habitent : c’est la cuisine.
C’est là qu’on trouve M Frigo et M Lave-vaisselle qui ne sont pas de mes amis.
Mais dans la cuisine, on y trouve aussi deux autres appareils qu’on dit “ménagers” mais qui transforment les choses qui se mangent en des choses encore meilleures à manger. Ceux-là, je les adore !
C’est M Four et M Micro-ondes.

M Four, c’est mon préféré bien qu’il souffle le chaud quand Mamounette l’aide à ouvrir grand sa bouche pour nous redonner ce qu’on a mis dedans. Mais avec le chaud qu’y a ajouté M Four, les choses à manger (“les aliments” me dit Mamounette), ont une odeur délicieuse qui me fait rouler par terre, les quatre pattes en l’air. Cela me chatouille les narines à un point que mon ventre se sent tout vide dans son dedans. Et j’ai faim ! J’ai faim des aliments.

Monsieur Four n’a qu’un défaut.
Il met du temps pour transformer les aliments avec sa chaleur (on dit “cuire”). Monsieur Four cuit les choses mais il prend son temps. C’est peut-être pour ne pas se brûler.
Moi, je me patiente le temps comme je peux. Une petite bêtise de rien du tout et j’entends Monsieur Four qui sonne pour prévenir Mamounette ou Papounet, qu’il faut lui ouvrir la bouche. J’ai encore un reproche à lui faire, à Monsieur Four, des fois, souvent même je dirais de mon point de vue, il chauffe tellement les choses pour les cuire, qu’il me faut attendre qu’elles refroidissent pour les manger, ces choses encore plus délicieuses qu’avant.

Monsieur Micro-ondes, lui, il réchauffe les aliments mais sans cracher du chaud comme Monsieur Four. Et c’est un rapide, Monsieur Micro-ondes ! Il sonne comme son copain, Monsieur Four. Il habite juste au dessus... Mais sa bouche à ouvrir est bien plus petite. Alors forcément, il y a moins de choses à manger.
Mais bon, Mamounette dit que je ne pense qu’à ça, manger !
Mais il faut bien que j’emplisse mon estomac pour pouvoir réfléchir tranquillement à toutes les choses intéressantes de la vie comme les lutins, le Père Noël, mes anniversaires (il n’y en a qu’un par an, c’est bien dommage !), mes peluches... et ce qui se mange.
Vous me comprenez, n’est-ce pas ? Bon, je vais jeter un coup d’œil à Monsieur Four, il a avalé un poulet tout à l’heure. Il devrait bientôt nous le redonner pour qu’on le mange.
J’ADORE LE POULET! C’est une sorte de bête à plumes et celle-là, Mamounette veut bien qu’on la mange. Elle en mange aussi avec Papounet. Ce n’est pas comme les bêtes à plumes du dehors. Faut dire le poulet, quand il vient à la maison pour qu’on le mange, il bouge déjà plus et il a perdu ses plumes. Encore une chose à laquelle il va falloir que je réfléchisse.
Salut les lapins ! Je vais manger le poulet. Et réfléchir ensuite. La vie est fantastique et cela m’étonne tous les jours.





Charlou le Bidouille











Muriyat

Chroniques de Juste Drôle : du pouvoir des rêves contre le pouvoir d'achat



Hier, à l'Atelier "Art en Jeux" tandis que les petites mains étaient occupées, les petites personnes bavardaient, façon "café philosophique". Il est vrai que Noël s'est déjà bien installé dans les magazins, dans les boîtes aux lettres... et dans les petites têtes.
Autour de la table, j'ai différents courants de pensées. Ceux qui ont fait une liste extrêmement précise et documentée. Ceux pour qui la surprise est déjà passée puisque le cadeau est déjà acheté. J'ai ceux qui demandent de l'argent et uniquement de l'argent. Qui pensent à ce qu'ils ont déjà dans leur tirelire ou leur compte et à comment ils vont le dépenser.
D'autres qui n'ont rien prévu d'autres que d'attendre en espérance. (Peu nombreux !)
Ceux pour qui Noël est entré dans leur culture par infraction et assimilation, vous savez la nécessaire intégration. Pour eux, Noël est un grand marché. Rien de plus.
Il y a ceux qui m'ont dit que Noël, c'est la naissance de Jésus. Autant dire qu'ils sont aussi peu nombreux.
Bon, autant dire que Noël, pour les enfants et les adolescents, c'est avant tout, une fête commerciale.
Une fête commerciale qui va apprendre à certains l'amertume de l'insatisfaction, à d'autres, la surabondance de posséder des objets dont on ne sait que faire tant et si bien qu'on joue avec les cartons d'emballages.
La poésie du solstice d'hiver est vraiment lointaine.
Je n'ai rien contre le Père Noël au contraire. C'est un gentil bonhomme qui avec ses lutins, et notre aide, peut distribuer quelques surprises à condition qu'on ferme les yeux rien qu'un instant et qu'on ouvre grand son coeur.
Mais la version "Noël et le pouvoir d'achat" m'est insupportable.
Comme si une fête, pour certains, la célébration de quelque chose de sacré, devait obligatoirement se conjuguer avec le fait d'acheter beaucoup d'objets.
D'objets souvent inutiles pour la plupart, gros consommateurs d'énergie, polluant dans leur fabrication et leur utilisation, ne respectant pas l'humain dans les conditions de travail. Que dire quand il s'agit du travail des enfants....
Et puis, moi la rêveuse, je pense à tous ces nounours qui vont être abandonnés pour être revendus à la prochaine foire à tout de la ville ou du village. Parce qu'il n'y a pas de petits profits.
Et s'il est un objet qui a une surcharge de tendresse qui le rend différent de tous les autres, de mon point de vue, c'est bien le nounours.
D'autres auront un animal à Noël, petit, gentil, boule de poil animée, peluche vivante, qu'on mettra sur la route ou au chenil quand il devra manger une certaine ration de croquettes qui entamera le foutu pouvoir d'achat des ménages.
L'insatiable, je suis pour.
La volonté de rêver, d'aller jusqu'au bout des rêves et des pensées, l'insatisfaction permanente dans la volonté de jouir du monde et de ses beautés.
Mais l'insatisfaction matérielle quand elle concerne des biens futiles, c'est vraiment indécent.
La planète n'en peut plus d'être consummée par notre pouvoir d'acheter toujours plus.

Aussi ce mercredi, quand deux petites filles se sont réjouies qu'à Noël, elles allaient être avec leur parent et que ça les rendait heureuses, l'esprit de Noël (y compris d'un point de vue laïc) retrouvait toute son authenticité.

Et si pour Noël, on se faisait des cadeaux "maison". Des surprises...
Bon, un livre ou deux, c'est différent, du matériel pour créer, des outils soit...
Mais surtout le plaisir d'être ensemble tout simplement....





Muriyat

mercredi 26 novembre 2008

Image de Channe pour un temps de pluie



Contre le gris du ciel en bruine,

Contre la pluie du ciel qui larme,

Contre la brume qui s'attarde

Contre le froid, contre l'ennui,

Il faut inventer des histoires pour colorer les rêves des enfants endormis....


Muriyat

mardi 25 novembre 2008

"Le dieu dans l'ombre" par Megan Lindholm autrement dit "Robin Hobb"




















Un livre de Megan Lindholm autrement dit, Robin Hobb.

Contrainte de vivre dans la famille de Tom, son compagnon, Evelyn ne trouve pas sa place dans ce monde rural étriqué où les convenances sont les tuteurs de la vie sociale. Les étendues sauvages de l'Alaska lui manquent ainsi que sa liberté d'être sans contrainte. Même Teddy, son fils de 5 ans lui échappe peu à peu. Evelyn se sent en prison, pire, inutile.
De plus en plus étrangère à son mari, les rêves, les souvenirs de la forêt s'imposent. Rêve et réalité se confondent en souvenirs. L'ami imaginaire existe-t-il au-delà de l'enfance ?
C'est sans doute le plus touchant des romans de Robin Hobb que j'ai lu. Il n'y a pas la distance de la fantasy pour vous protéger et vous dire que ce n'est qu'une histoire (même si les histoires de Robin Hobb vont beaucoup plus loin que ce que l'on s'attache à croire).
Ce roman s'inscrit dans la réalité d'aujourd'hui. Si proche, tellement proche qu'on se sent impliquée dans les émotions d'Evelyn. Evelyn, une femme d'aujourd'hui, indépendante et libre qui doit faire des concessions, voire se soumettre aux règles familiales et qui n'en peut plus...
Si la réalité dérape, s'évanouit, se distend, se distort vers une autre, c'est naturellement, comme quand on regarde un taillis de broussaille ou des nuages et qu'on imagine les personnages qui s'animent... Parce qu'on n'en peut plus de la réalité autour de nous. On a besoin d'un supplément d'âme. Evelyn a cru le trouver en son enfance dans un ami imaginaire. Quand l'ami revient vers elle, le temps des questions s'impose.
Même si ce livre est publié dans une collection de « fantasy » qu'importe, il est lisible par tout le monde. Par exemple, ceux qui aiment Barbara Kingsolver, devraient apprécier ce roman.
Les femmes y trouveront leur compte, leur conte. Toutes les déclinaisons d'une vie de femme qui ne veut pas s'inscrire dans le registre de la soumission sinon à la nature. Et encore. C'est son corps qui imposera la limite pas son rêve. C'est dans la nature qu'Evelyn estime avoir sa place la plus juste. C'est dans la nature qu'elle prend conscience de ses possibilités et de ses limites et qu'elle peut les accepter sans avoir l'impression d'être domptée.
La narration se fait comme à deux voix, deux voies, celle de l'enfant rebelle qui exprime sa rébellion dans la forêt toute proche de la cabane familiale, en Alaska encore sauvage et celle de la femme qui découvre la famille de son époux, non loin de Seattle, dans un milieu rural où la nature est quadrillée par les hommes.
La nature, la famille, un cadre rigide, dompté, soumis où les hommes sont les maîtres et où les femmes doivent jouer des rôles écrits par eux pour elles. Evelyn n'a pas le texte de son nouveau rôle, être la femme de Tom et la mère de son enfant. D'ailleurs elle ne veut pas l'apprendre. Elle essaie mais elle ne peut pas. Elle veut être ce qu'elle est : amante, amoureuse, maternelle et naturelle. Son rôle est écrit comme un carcan, une armure, un tailleur bien ajusté pour elle qui aime les jeans et les taillis de la forêt. Son fils lui est dérobé pour être éduqué comme un fils de colon, de conquérant de la nature. Tout ce qu'elle veut lui offrir, vivre en harmonie avec l'environnement se casse sur cette volonté des hommes de tout contrôler.
Alors Evelyn s'échappe...
Je ne vous en dirai pas plus de peur de trop en dire et de briser le plaisir et la liberté d'aller à son rythme.
Ce roman est un hymne à l'environnement. Il est à lire d'urgence pour comprendre ce que l'on perd un peu plus tous les jours. C'est aussi un roman sur le respect des autres, de leur identité, de leurs rêves.
A lire absolument.
Dans ce roman, j'ai trouvé tout ce qui anime toutes les façons d'écrire de Robin Hobb. La trame du tissage subtil de toutes les histoires qu'elle partage avec nous pour nous dire l'enchantement de la nature et la nécessité de le respecter.
Muriyat

Création d'un carnet de contes pour un enfant rêvé !








J'ai toujours préféré créer des livres pour de vrais enfants.
Qu'importe s'ils sont reproduits ensuite. Le moment le plus agréable étant celui où l'on fabrique les mots, les images en pensant à l'enfant rêvé.
Souvent l'enfant qu'on rêve ne ressemble pas à l'enfant réel. Mais quelque chose doit passer du livre à l'enfant. Du moins, je l'imagine.
Tout le monde peut créer un livre d'enfance. Un livre sur son enfance rêvée et sur l'enfant à qui on veut l'offrir. Au final, c'est celui qui fait le livre qui reçoit le plus. C'est un moyen de réveiller l'enfance qui dort en vous.
Le moyen le plus simple pour faire un livre, celui qui est à la portée de tous, c'est le collage dans un carnet de papier aquarelle. Vous prenez un carnet de 12 pages pour construire 12 images avec les bouts de rêves et de mots que vous dérobez dans les magazines.
Vous choisissez le format de votre album à aquarelle, son sens d'utilisation, si vous le choisissez à spirale, vous aurez réglé le problème de la reliure toujours délicat quand on attaque son premier oeuvrage. Du format 13/18 cm au 32/41 cm, vous ajustez vos rêves.
Et laissez vous guider, la paire de ciseaux à la main, la boîte à stocker les images à côté dans les pages des magazines futiles, pour saisir les bribes de rêves qui y sont enfermés sous le vernis glacée d'une société de consommation.
Pas besoin d'acheter les magazines, il suffit de les récupérer.
Ensuite, devant la page blanche ou noire ou bleue, vous confrontez les images et vous écoutez les choses qu'elles se racontent...
Muriyat

Chroniques de Juste Drôle : de l'enfance ou l'Art en Jeux


Les artistes ne seraient pas des adultes comme les autres ? Sans aucun doute, nous souscrivons à cette assertion. Les artistes gardent en eux la petite personne qu'ils ont été ou qu'ils ont rêvé d'être. Ils peuvent parfaitement assumer les responsabilités d'un adulte mais l'enfant rêveur qui les habite les rappelle sans cesse à l'ordre des rêves. Tant et si bien que ces drôles d'adultes s'inscrivent parfois très maladroitement dans le monde des réalités quotidiennes. Mais ce monde-là est il la réalité ?

Ne pourrait on pas tout comme les aborigènes ou d'autres peuples, inscrire nos rêves en tant que vraie réalité. Donner un vrai espace à l'existence de ces rêves.

Il est un espace où nous vivons cet ordre du rêve réel et de la réalité rêvée.

C'est l'atelier "Art en Jeux" de la Maison Jacques Prévert. Il existe à Dieppe, sur la falaise dans un lieu de vie associatif (Maison des Jeunes et de la Culture), un lieu de culture populaire, un lieu pour de partage pour s'enrichir mutuellement des "savoir vivre" heureusement.

A l'atelier "Art en Jeux" dont nous sommes les initiateurs, mon compagnon et moi, nous vivons les mercredi et les samedi, des rencontres intenses avec les enfants de tous les âges. Les adultes sont d'ailleurs les bienvenues.

Là, dans un espace-temps donné, l'enfance et les rêves peuvent exister. A condition de respecter les rêves des autres... Les enfants en général comprennent très vite la nécessité de quelques règles pour être plus libres ensuite en création.

D'autres espaces existent comme celui-là.

Ce sont des activités qu'on qualifient de non-rentables dans le monde d'aujourd'hui.

Mais au regard de l'humain, de la transmission, du plaisir d'être ensemble, du partage des savoirs, de l'imaginaire, cet atelier est enrichissant.

En tant qu'adultes et artistes, ce lieu est vivifiant. Il permet à notre propre créativité de se ressourcer sans cesse.






Muriyat

lundi 24 novembre 2008

Les grandes espérances du jeune Bedlam de George Hagen




Quand j'ai lu ce titre, j'ai immédiatement pensé à Dickens. Comment faire autrement ? Et comme je n'avais pas oublié le charme, la tendresse et les éclats de rire de "La famille Lament" le premier roman de George Hagen, j'ai craqué. Il me fallait le lire. Tant pis pour les livres qui attendaient la lecture, celui-ci est passé en tête de la pile.
George Hagen décline une histoire de famille, plus malheureuse, c'est difficile à imaginer. Ceete histoire se déroule de la fin du XIXème siècle jusqu'à la guerre de 14/18. Malgré ses difficultés, notre héros forcera le destin ou plutôt se laissera emporter sur la vague du destin. Une histoire avec ses ombres et ses lumières.
A la manière de Dickens certes mais avec beaucoup d'humour pour qu'on ne perde pas le moral.
Pour ce qui est de l'histoire, Tom est un jeune garçon qui n'a pas la vie facile. Pourvu d'un père extrêmement absent et néanmoins très encombrant, cette figure paternelle va déterminer ce que sera sa vie.
Comment pourra-t-il à son tour être un mari, un père aimant et respectable avec pour figure paternelle l'escroc de pacotille qu'est William Bedlam ? C'est le grand souci de Tom.
Il devra faire tout le contraire de son père.
Ce dernier non content de transmettre son nom, lourd à porter à Londres, puisque Bedlam n'est autre que le nom de l'asile, abandonne femme et enfant, revient de temps à autre pour dérober leurs économies, marchandant la destinée de tous ceux qu'ils rencontrent.
William Bedlam est vraiment un pauvre type.
Au fil de ses mésaventures, Tom Bedlam finira par se forger une identité, Tom Chapel pour ce qui est du nom. Le hasard lui permet de faire des études. Médecin, il partira pour la lointaine Afrique du Sud. Mais la première guerre mondiale et son propre rôle de père le contraindront à revenir sur son passé.
Ecrit avec fluidité, de chapitre en chapitre, on décline les aventures, les espérances, les désespérances de Tom. Et on retourne la question comment être un père, un fils, un frère ? Comment être une famille malgré la diversité des personnalités ?
C'est une histoire qui malgré ses exagérations et quelques facéties a beaucoup à voir avec les vies des familles et leurs secrets.
Chacun des lecteurs y trouvera de quoi fondre en tendresse, gronder de colère et s'émouvoir...
Je n'oublierai pas le ton de George Hagen, une petite musique tendre qui fait vibrer le coeur et donne envie de lire ses histoires.
Dans l'attente de la prochaine.
Les grandes espérances du jeune Bedlam de George Hagen aux éditions Belfond.
En livre de poche, La famille Lament.




Muriyat

Collage de Channe : peau-aime lumiere et ombre







Muriyat

Humour poétique de Jeff

Gêne-aise


Adam premier homme
Tout seul
Gravement blessé
Très gravement désespéré
Il râle
Il appelle.
"Dieu, fais quelque chose"
Dit Adam.
Alors Dieu
Fait quelque chose
Il lâche Eve...




Muriyat

dimanche 23 novembre 2008

Glyphe 6 : peau-aime maya


De la terre de ma main
De l'eau de la peau de ma paume
... Juste une oeuvre d'arbre


Jean-François Benoist


Muriyat

samedi 22 novembre 2008

Lettres de Charlou le Bidouille aux petits lapins : les mystères des appareils ménagers !


Salut les lapins !
Je suis dans un état épouvantable.
Papounet a tondu la pelouse.
Et mes ronds de champignons avec.
Du coup, je ne sais plus où chercher les lutins. J’attends que mes champignons et ma pelouse repoussent.
Papounet a fait ça avec la tondeuse électrique. C’est une machine qui ne fait rien que manger mon herbe. A condition que Papounet la pousse, la machine. Et il n’aime pas faire ça, Papounet. Dans ces conditions, je me demande pourquoi il le fait. Mais les humains ont des comportements parfois étranges que je ne comprends pas.
Dans la maison, c’est pareil, il y a des drôles de machines. Cela s’appelle des appareils ménagers. Je vois pas pourquoi parce qu’à part l’aspirateur, ils ne font pas le ménage, les autres.
Et même l’aspirateur, c’est tout comme la tondeuse, il faut que Mamounette le pousse et le tire. Et tout comme Papounet avec la tondeuse, Mamounette, elle n’aime pas faire ça. Mais alors pas du tout. Le jour où elle sort l’aspirateur, il ne faut pas rester dans ses jambes. Elle est coléreuse et c’est toujours sur moi que ça retombe, ses colères. Parfois faut être juste, ça tombe aussi sur Papounet. Du coup, souvent c’est Papounet qui passe Monsieur l’aspirateur.
Heureusement, le ménage, Mamounette, elle ne fait pas ça tous les jours. Elle ne le fait pas souvent d’ailleurs. Du coup, souvent c’est Papounet qui passe Monsieur l’aspirateur.
Faut dire que le pauvre Monsieur aspirateur, il ne mange rien que les saletés qui sont par terre et sur les coussins. Mes vieux poils qui m’ont quitté par exemple, la terre du jardin qui se décolle de mes pattes quand elle sèche, les cendres des cigarettes de Papounet, des vieilles miettes que je n’ai pas voulues...
Alors à force de manger tout ça, il est malade Monsieur aspirateur. Mamounette n’appelle pas le docteur ni même le vétérinaire. Elle ouvre Monsieur aspirateur. Elle lui enlève son estomac plein de choses sales et elle lui en met un neuf, en papier. Le temps qu’il récupère dans le placard sous l’escalier, on est bien tranquille dans la maison. Le balai, lui, il pousse les saletés dans la pelle à poussière. Il n’est pas fou, lui ! Il ne les avale pas les saletés.
Enfin, à part l’aspirateur qui fait le ménage. Les autres appareils de la maison, je ne vois pas vraiment à quoi ils servent.
M Frigo : il s’appelle officiellement “réfrigérateur. Il est tout froid au dedans et il avale tout ce que je voudrais bien manger tout de suite. Il conserve les aliments avec le froid de son dedans. Je ne comprends pas qu’il n’ait pas le rhume tout le temps.
Mamounette m’a expliqué que le froid, c’était pour pas que les microbes dévorent la nourriture. Alors là, je suis d’accord. M Frigo, ce serait comme un coffre-fort à manger électrique. Avant, quand ce n’était pas électrique, il parait que ça s’appelait un garde-manger. J’aimerais quand même bien qu’il les garde moins longtemps, M Frigo, les choses que j’aime..

Et l’autre, celui qui fait du bruit, M Lave-vaisselle.... Lui, je le déteste. On lui donne les assiettes et les casseroles avec encore plein de choses intéressantes à manger de mon point de vue. Mais mon point de vue, Mamounette, elle le regarde pas du même côté. M Lave-vaisselle, une fois que son ventre est plein, il ferme sa bouche, il fait du bruit, il glougloute (que moi, si je fais ça quand je clappe ma soupe, on me dit que je suis un malpropre)... Et puis, longtemps après, quand on l’ouvre, il sent le propre qui ne sent rien de bon de mon point de vue des odeurs. Il sent le chimique, celui des produits qui lavent. Et il n’y a plus rien des bonnes choses. Il a tout avalé. Et il n’est même pas malade.
Quand je pense qu’on me dit qu’il ne faut pas que je mange ces choses pour ne pas être malade... La vie n’est pas toujours ce que je voudrais qu’elle soit de mon point de vue
Et il y a d’autres appareils bizarres dans la maison. Je vous en causerai dans ma prochaine lettre. C’est l’heure de manger. Je ne veux pas louper ça.
Salut les lapins ! Surveillez votre M Frigo...
Qu’il ne garde pas tout pour lui. Je vous aurai prévenu.

Charlou le Bidouille.







Muriyat


vendredi 21 novembre 2008

Collage de Channe : enrêvage d'images


Ne laissez plus les pages des magazines et des journaux aller directement de votre information à la poubelle, il y a un autre recyclage possible : la création en récréation !

Il suffit d'une paire de ciseaux, d'un peu de colle et quelques images qu'on conserve dans un dossier ou dans des boîtes.

Pour les mots, on fait de même, quand une phrase ou un lambeau de phrase vous interpelle, découpez le, mettez le dans la "boîte à mots", ils vous serviront pour écrire des poèmes.

Muriyat

jeudi 20 novembre 2008

Lettres de Charlou le Bidouille aux petits lapins : à propos de l'automne, des champignons et des lutins





Salut les lapins !








La maladie de mes arbres continue. Il paraît qu’elle va durer un certain temps, le temps de deux saisons, l’automne et l’hiver.



L’automne, c’est la saison qui vient après l’été et l’hiver ne fait rien que suivre l’automne mais avec plus de froid. Donc, la maladie de mes arbres n’est pas vraiment une maladie même si de mon point de vue, par rapport à mes arbres qui sont tout nu, c’est bien triste. Je n’ai plus d’endroit à l’ombre pour mes bêtises et je ne pense pas pouvoir rester sage aussi longtemps. C’est bien long une saison ! Alors, pensez deux saisons....


Bon, mais à part mes arbres qui se déshabillent de leurs feuilles, il se passe d’autres choses étranges dans mon jardin. Et finalement, j’en viens à penser que l’automne, c’est fantastique aussi. De drôles de petits chapeaux ronds sortent de l’herbe. De ma pelouse.




Ma pelouse est un grand tapis d’herbe qui fait la taille de mon jardin. Les drôles de choses qui sortent de ma pelouse se tiennent sur un pied mais ils ne marchent pas. Ils sont tous pareils. On dirait des boutons.




Mamounette qui m’explique beaucoup des choses de la vie qui me semblent bizarres, me dit que ça s’appelle des champignons. Il y aurait même des champignons comestibles, c’est à dire bon à manger et des champignons, qui serait “poison”. Ceux-là vous rendent malade. Et même ils vous tuent parfois...


Pour savoir faire la différence entre les bons champignons et ceux qui sont méchants, il faut demander à un monsieur qui s’appelle “pharmacien”. Parfois ce monsieur est une dame. C’est une “pharmacienne”.

Le pharmacien est la personne qui vend les médicaments quand on est malade. La pharmacienne fait tout pareil. Moi, je préfère ne rien leur demander et ne pas toucher aux champignons. Sauf ceux que Mamounette sort d’une boîte et pas de la pelouse.

Moi, je vous le dis, en vérité, je crois que le monsieur ou la dame “pharmacien”, ils aiment bien qu’on soit malade. En vendant les médicaments qui doivent nous guérir, ils gagnent des pièces de sous. Mamounette me dit que c’est le travail du pharmacien d’aider les gens à guérir. Et qu’il ne veut pas pour autant qu’on soit malade.
N’empêche, ses médicaments, je ne les trouve pas bon au goût. Même quand on me les cache dans ce que j’aime bien manger.

Bon, à part que c’est parfois du poison, les champignons sont intéressants rapport aux lutins. Parce que, c’est encore Mamounette qui me l’a dit (et là, je veux bien la croire), quand il y a des champignons dans le jardin, cela veut dire qu’il y a des lutins qui le visitent. Ou même des fées.


Mamounette, elle connaît plein d’histoires de lutins et de fées. Elle les lit dans les livres. C’est bien les livres, quand on sait lire. Moi, avec mes pattes, j’ai du mal à tourner les pages. Enfin, les lutins et les fées, il paraît que la nuit venue, ils se rassemblent là où poussent des cercles de champignons.
Et il y en a dans mon jardin, des champignons qui font comme des rondes. Alors, le soir, je n’arrête pas de demander à sortir. Mais je n'ai encore rien vu d’autre qu’un hérisson.
Un hérisson, c’est une balle qui pique. J’ai aussi vu la chatte d’à côté, Ninon. Elle vient dans mon jardin quand elle croit que je dors. Je l’ai fait grimper dans un bouleau. Mais je n'ai pas encore vu de lutins.

Et ça ressemble à quoi un lutin ?

Mamounette va me montrer des livres.
Enfin, salut les lapins, je retourne voir les champignons de mon jardin des fois que les lutins soient là pour de bon.

Votre copain, Charlou le Bidouille...

Mamounette se permet d'intervenir pour dire que le livre qu'elle a montré à Charlou le Bidouille, c'est "L'encyclopédie des Lutins" de Pierre Dubois.
Ce livre est réédité spécialement pour Noël avec "L'encyclopédie des Elfes" et "L'encyclopédie des Fées". (Pour 19 € le livre).

Il serait bon que les Lapins soient extrêmement sages pour convaincre le Père Noël. Enfin, plus sage que Charlou...

A préciser pour les grandes personnes, ces livres sont un plaisir pour tous les âges de la vie.
A lire aussi comme un livre d'école, "Leçons d'Elficologie" toujours de Pierre Dubois.
Tous ces titres aux éditions Hoëbeke.
Et encore un mot pour convaincre les parents, ces livres aident à aimer la lecture.




Muriyat

mercredi 19 novembre 2008

Chroniques de Juste Drôle / J.G Ballard


Ne manquez pas de lire pour sa réédition, "La forêt de cristal" de J.G Ballard aux éditions Denoël dans la collection Lune d'Encre. Pour l'avoir lu, il y a plus de 20 ans, des images nées de cette lecture habitent toujours mes rêves. J.G Ballard est peut être un auteur de science-fiction, ce qu'il renvendique haut et fort, mais c'est avant tout un auteur. Un créateur.


Dans "La forêt de cristal" , J.G Ballard conte d'une manière poétique l'une des quatre apocalypses de son cru pour notre humanité.


A lire aussi "Le monde englouti" et "Sécheresse" ainsi que "Le vent de nulle part".


De J.G Ballard, vous devez connaître l'adaptation au cinéma de son enfance par Spielberg dans "L'empire du soleil".

Né en 1930, J.G Ballard continue d'écrire et ce mois-ci, il nous interpelle quant à l'aménagement sophistiqué de quartiers privilégiés destinés à protéger leurs habitants du monde extérieur : et si au final, la paranoïa n'entretenait pas la violence. Avec "Sauvagerie", J.G Ballard en moins de 120 pages narre les dérives ultrasécuritaire de notre monde contemporain. (aux Editions Tristam).

J.G Ballard a toujours eu la plume subversive. Il n'a peut être pas eu la reconnaissance médiatique qu'il méritait mais il a beaucoup influencé de créateurs...

Channe
Muriyat

mardi 18 novembre 2008

Glyphes 5 : peau-aime maya

Dans la grise impasse
De la rampe-mort
On passe à passe-temps
On trépasse
En respirant les habitudes
Les rites mornes
De la médiocrité obligée
Détournes l'oeil
Regardes le don de l'arbre
Ecris ou dessines
Soit ce geste ou celui-là
Puisque tout d'eux
Exclame la vraie vie






Jean-François Benoist
Muriyat

Lettres de Charlou le Bidouille aux petits lapins : La maladie de mes arbres !


Salut les lapins !
C’est moi Charlou le Bidouille que revoilà ! Il faut que je vous dise. Il faudra que je vous écrive beaucoup de lettres pour que vous sachiez tout de ma vie... Il faudra sans doute que j’invente des mots pour me faire comprendre...
Bon, je vous écris comme je vous parlerais...
Dressez vos oreilles, les lapins.

Alors donc, je vis à la campagne dans une grande maison, une sorte de niche, mais en plus confortable. Devant la maison, il y a des arbres comme un petit bois. Derrière la maison, il y a des arbres comme une petite forêt. Ce sont mes arbres à moi. Avec mes chemins où je gambade...
Mes arbres sont comme de grandes fleurs... Sauf qu’ils n’ont pas vraiment de fleurs. Enfin pas toute l’année.

Mes arbres ont surtout des feuilles. De jolies feuilles toutes vertes et qui font de la musique avec le vent. Des feuilles qui m’abritent du soleil, le grand rond jaune là haut qui ne fait rien qu’à chauffer quand on n’en a pas envie. Des feuilles qui me cachent un peu quand je fais des bêtises.
Mes arbres ont des visiteurs. Des bêtes à plumes. Mamounette me dit que ce sont des oiseaux. Il y a toutes sortes d’oiseaux dans mes arbres. Avec des plumes de toutes les couleurs. Il y a aussi des oiseaux qui se posent sur le toit de ma niche. Les oiseaux, les bêtes à plumes qui habitent mon jardin sont des choses très intéressantes. Je ne sais pas trop pourquoi, mais chaque fois que j’en aperçois une, j’ai comme un grand creux dans mon ventre qui me dit que c’est l’heure de manger. Et alors, c’est irrésistible, je leur cours après. Mais les bêtes à plumes ont une particularité que je ne parviens pas à acquérir malgré un entraînement intensif. Les bêtes à plumes volent. Sinon, comment arriveraient-elles à se jucher sur mon toit de ma niche ou sur mes arbres.
En ce moment, mes arbres sont malades. Et cela me cause beaucoup de soucis. C’est la première fois que cela leur arrive. Enfin, c’est la première fois que je vois cela parce que je suis encore tout jeune et Mamounette me dit que je n’ai pas fini de m’étonner.
Donc, les feuilles de mes arbres les abandonnent. D’abord, elles ont pris une drôle de couleurs. Comme si elles voulaient jouer aux fleurs. Elles changent de couleurs tous les jours. Elles sont jaunes, puis rouges et puis marrons et puis elles tombent de mes arbres. C’est ce qui m’inquiète le plus. Parce que des feuilles rouges et jaunes, c’est très joli.





Le vent qui souffle fort en ce moment en profite pour voler toutes les feuilles. Du coup, mes arbres ont l’air tout déshabillé. Tout nu. Mamounette me dit que c’est normal, c’est l’automne, les arbres prennent leur vêture d’hiver. Moi, je dirais plutôt que mes arbres se déshabillent pour l’hiver et je trouve ça bête. Parce qu’il paraît que l’hiver, il fait froid. Il faut vous dire que c’est mon premier hiver. Les feuilles délaissent mes arbres et ils n’ont même pas de pyjama à se mettre comme mes humains le soir quand ils vont dans leur grand panier à dormir.
Moi, je crois que mes arbres ont attrapé la rubéole, la rougeole et aussi la varicelle... Un de ces jours, ils vont tousser... Je suis très inquiet. Pourtant, je continue à faire pipi tous les jours sur leurs pieds. Comme d’habitude.
Si vous saviez, les lapins, dans quel état je suis. Cette maladie de l’automne qu’ont attrapée mes arbres, j’ai bien peur que cela ne leur soit fatal. Et où je vais me cacher pour mes bêtises... Je vous le demande... Hein, où ? Je suis très malheureux de cette situation. Alors, pour me consoler, je mange. Je mange un peu plus tous les jours. Mamounette dit que je me prépare pour l’hiver. Mon dieu ! Et si je perdais mes feuilles à moi, je veux dire mes poils. Oh, pourvu que je n’ai pas attrapé la maladie de mes arbres. Excusez-moi, je vous quitte. Je vais aller quémander une petite chose à manger pour oublier un peu mes soucis.




Charlou le Bidouille








Muriyat

Le soldat chamane de Robin Hobb : La magie de la peur et le choix du soldat

Robin Hobb, une fois qu’elle vous a fait mordre à l’hameçon de ses mots, de ses histoires, vous êtes pris au piège. Impossible de décrocher….
Pourtant la rencontre et l’empathie avec Jamère, le docile soldat, héros de l’aventure me semblait difficile. J’avais envie d’intervenir dans le récit pour lui dire de se secouer un peu. L’obéissance a des limites. Mais notre héros est tout imprégné du code de l’honneur de la Cavalla, la chevalerie de cet espace-temps imaginaire, qui est comme une sorte d’uchronie de la conquête de l’ouest américain.
Robin Hobb est talentueuse pour tisser ensemble les genres de la fantasy avec les autres…



Donc, je suivais les péripéties de Jamère, mais il faut avouer que l’empathie ni la sympathie n’était à l’ordre de mon cœur de lectrice.
Au troisième volume, « Le fils rejeté », j’éprouvais plus qu’un frémissement. Robin Hobb, malgré mes renâclements, était en train de bien me ferrer.
C’est vrai que Robin Hobb est une conteuse bavarde. Parfois, on a le sentiment qu’il ne se passe rien, qu’on piétine dans l’aventure. Tant et tant de détails pourraient lasser le lecteur mais ce sont aussi tous ces détails qui font l’enchantement des ambiances qu’elle crée.
Mais depuis que Jamère a pris du poids et perdu de l’autorité, perdu du grade aussi, Jamère est infiniment plus sympathique.
Entre deux mondes, son cœur balance, sans qu’il ait le libre arbitre de son choix. La magie l’a emprisonné dans ses filets et il ne peut être indifférent à la forêt et aux créatures qui l’habitent. Il appartient autant qu’eux à la forêt. Il est aussi blessé qu’eux lorsque les hommes s’attaquent à la forêt pour y tracer une route.
Mais Jamère ne parvient pas à renoncer à son humanité. Il voudrait réunir les deux mondes… Cela est il possible ?
Le questionnement de Jamère n’est il pas le même que dans nos sociétés contemporaines, croître et brûler la planète ou décroître et vivre autrement ?
Je ne vous en dirai pas plus de peur de vous gâcher la lecture. Mais les mois d’attente entre chaque volume sont un peu plus pénibles au fur et à mesure que la magie de conteuse de Robin Hobb opère.
Jamère fait désormais partie de mes amis de lecture et au lieu de l’interpeller sans aménité, je lui chuchote des encouragements.
A suivre….

Muriyat

Carnet à Dessins : Encre de Jeff




Jean-François Benoist

Muriyat

lundi 17 novembre 2008

Lettres de Charlou le Bidouille aux petits lapins.

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Salut les lapins !






Moi, je m’appelle Charlou pour mes papiers de mon identité mais on dit Charlou le Bidouille.
Charlou le Bidouille, c’est mon nom pour les câlins, c’est à dire pour tous les jours de ma vie.


Enfin presque ! Quand j’entends "Charlou" avec une grosse voix grondeuse comme l'orage, ça veut dire que je suis en train de faire une grosse bêtise du genre de déchirer un papier qu’il fallait pas ou voler quelque chose qui se mange à l’heure où on ne mange pas.



Moi, je ne comprends pas qu’on ne mange pas tout le temps.
J’ai un Papounet et une Mamounette qui m’ont adopté. Cela veut dire qu’ils se sont adaptés à ma personnalité. Ce sont des humains mais ils sont très gentils malgré tout.




Pensez donc, ils aimaient les chats. Et les chats ne sont pas des êtres obéissants, ni agréables à vivre Alors que moi, c’est un vrai plaisir de vivre avec moi. Papounet et Mamounette n’ont jamais essayé de me dresser. D’ailleurs, je ne sais pas ce que cela veut dire. Mais j’entends d’autres humains le dire à mon Papounet : «Vous devriez le dresser. C’est un chien pas un chat !» J’en ai donc déduit dans le dedans de ma tête que «dresser» cela voulait dire «apprendre à obéir même si on ne comprend pas pourquoi».


Je ne suis pas dressé, j’ai donc gardé toutes mes qualités et aussi mes défauts qui font mon charme irrésistible.



Alors vous les lapins, vous êtes aussi des humains mais de petits humains. Je vous vois quand je me promène. Vous sortez d’une grande bâtisse qui s’appelle «école». C’est là que vous apprenez des choses comme lire des livres. A la sortie de l’école, il y a des grandes personnes comme Mamounette et quand elles vous voient, elles s’écrient : «Mon lapin !»



J’en ai donc déduit que les petites personnes du genre humain sont des lapins. Moi, les lapins, je les voyais avec des grandes oreilles comme les lapins de la forêt ou du clapier du voisin. Il y a donc deux sortes de lapins. Vous, les petites personnes et les lapins qui me donnent envie de leur courir derrière.



A vous les petites personnes, les lapins, (et aussi aux grandes personnes qui ont gardé leur côté "lapin", j’ai donc décidé de vous écrire des lettres de ma vie. Pour que vous me compreniez. Pour partager mes aventures extraordinaires que les grandes personnes ne peuvent pas toujours comprendre de mon point de vue. Même mon Papounet et ma Mamounette. En devenant de grandes personnes, les lapins que vous êtes, deviennent très raisonnables et oublient beaucoup des choses de la vie qui sont intéressantes.



Mamounette me donne un coup de main pour vous écrire. Parce que mes pattes appuient sur trop de touches en même temps sur l’ordinateur. Et les stylos, je les ronge comme des os. Mamounette comprend très bien ce que je lui dicte. Enfin, presque tous les jours...

Quand elle oublie qu’elle est une grande personne et qu’elle retrouve son côté «lapin».


Les grandes personnes ne se rendent pas compte, -même Papounet et Mamounette qui ont dont gardé un côté «lapin» dans le dedans de leur tête»- que c’est très difficile d’être sage.
Moi, j’ai essayé d’être sage comme un image. Alors, j’ai mangé le journal qui donne le programme des images de la boîte à images qui est dans le séjour. Et bien, c’était une grosse bêtise.

Bon, je vous raconterai d’autres histoires de ma vie dans une autre lettre. Là, nous avons fait connaissance. Je suis votre copain, Charlou, le Bidouille et vous êtes les lapins.

Salut les lapins !
PS : Je m’en vais regarder par ma fenêtre préférée de la maison, si je ne vous vois pas...




Muriyat

Atelier "Art en Jeux" : Les merveilles de la mer




Voici l'araignée de Léo. Une araignée de rêve née d'une carapace de crabe trouvée sur les galets de Pourvilles, des bouts de bambou du jardin de l'amie Sylvie et de l'imagination de Léo secondée pour la technique par Jeff.


Après trois séances d'enrêvage, voici l'araignée Gypsie qui ne montera à la gouttière que pour annoncer les pluies douces.




Muriyat

"Les dents de l'amour" de Christopher Moore




J’aime beaucoup Christopher Moore.


Autant l’avouer tout de suite. Cet auteur a le talent de vous entretenir les zygomatiques en bon état. Mais avec cette histoire de vampires, au final, j’ai été un peu déçue. Sans doute en attendais-je trop. En effet j’ai trouvé que sur cette thématique, Christopher Moore était très raisonnable.
Entendons nous bien, raisonnable selon les critères de Christopher Moore d’habitude.

Selon la règle du jeu de la collection « Interstice » un auteur est invité à décliner une thématique entre mythologie et réalité contemporaine. Là, Christopher Moore s’attaque au thème des vampires et je m’attendais à des bains de sang grand-guignolesques et non, Christopher Moore nous raconte ça avec une certaine retenue. Enfin, la retenue du pitre de la classe.




L’histoire se déroule à San-Francisco avec tous les clichés qu’on peut imaginer de cette grande ville. Un soir, une jeune secrétaire qui sort de son bureau avec pour principal soucis le fait qu’elle ait filé un collant en se cognant la jambe dans un des classeurs métalliques de son bureau se fait agresser par un charmant mais vorace vampire. Elle va vite relativiser les petits soucis de la vie quotidienne.
Le vampire est charmant parce qu’il lui laisse la vie sauve… Mais Jody, notre jeune femme libérée est désormais un vampire qui va devoir trouver sa pitance. Le temps qu’elle se rende compte de son nouveau régime alimentaire, il y aura eu quelques morsures de plus et son existence est gravement bouleversée. Son petit ami la met à la porte. Tout bien considéré, c’est ce qui pouvait arriver de mieux à Jody dans cette aventure. Elle rencontre dans ses pérégrinations pour se reloger un jeune homme qui s’imagine comme le futur Jack Kerouac, Tommy est venu à la grande ville pour écrire et s’échapper des morosités du quotidien dans son Midwest natal. Si sa rencontre avec Jody ne lui permet pas de développer immédiatement tout son potentiel littéraire, il va connaître un vrai dépaysement.
Sur la route, nos héros vont croiser d’autres improbables individus qu’on imagine bien croiser à San-Francisco dont un clochard qui se croit l’empereur de la ville et qui s’est investi d’une mission, traquer le vampire.
Vous touillez le tout dans la marmite de Christopher Moore, un zeste de critique du modèle américain, une équipe de nuit dans un supermarché qui donne à réfléchir quand on va faire ses courses, vous mélangez le tout avec la vie quotidienne qu’il faut continuer à assumer, la problématique des vampires qui doivent se protéger de la lumière et vous riez beaucoup sans vous ennuyez un instant. Sauf qu’à mon goût des mots de Christopher Moore, je m’attendais à ce que ça soit encore plus déjanté.
Néanmoins c’est une lecture antidépressive qui vaut bien des traitements avec pour seul effet indésirable éventuel une certaine crispation dans les côtes et les mâchoires….
Dans l’espoir que Calmann Lévy nous propose la suite. En anglais : « You suck » ou la suite des aventures de Tommy et de Jody.
Pour être au courant des facéties d’écrire de Christopher Moore, son site internet : http://www.chrismoore.com/
Merci au traducteur qui doit s’efforcer parfois de nous donner à comprendre certains jeux de mots.


Les dents de l’amour de Christopher Moore traduit par Luc Baranger

Broché: 316 pages
Editeur : Calmann-Lévy (8 octobre 2008)
Collection : Interstices
Langue : Français
ISBN-10: 2702139434
ISBN-13: 978-2702139431



Je vous conseille vivement dans le cadre des fêtes de Noël qui approchent de lire "Le sot de l'ange".






Si vous souhaitez en savoir plus sur les évangiles, notamment une des versions manquantes, ne loupez pas la lecture de "L'agneau"....
Et pour en savoir plus sur les mythologies indiennes, "Un blues deCoyote".




Vous trouverez ces trois derniers dans des collections de poche.




Muriyat

dimanche 16 novembre 2008

L'Atelier des Merveilles de la mer (à suivre sur le rivage des mers)






Il y a quelques années déjà, à l'automne des grandes marées, nous étions allés à la quête des trésors des plages avec les enfants de l'école Maternelle Valentin Feldmann de Dieppe (Janval) et leur maîtresse Sylvie Thoumyre. Il s'agissait de retrouver des couleurs et des senteurs de la mer pour la sirène Rêvelune, une histoire qu'on vous contera un jour ou l'autre, peut être.
Nous intervenions respectivement en tant que plasticiens et dans le cadre d'un atelier d'écriture.
Vous me direz, mais ces bambins de la grande section n'écrivent pas encore.... Peut être pas beaucoup mais ils ont les mots pour dire... Il suffit de jouer le rôle du scribe....
Avec les trésors de la mer, nous avons créé un petit peuple...
Nous l'avons tout simplement appelé "Le peuple de la Mer".



A la fin de l'année scolaire, "Le peuple de la Mer" fut installé dans le grand hall de la Mairie de Dieppe parmis tous les travaux d'arts visuels des enfants de la région.
Passons à l'ordre des rêves, une fois ces précisions données.







Bonjour !
Je suis le caillou rigolo
Le caillou qui rigole.
J’ai une casquette de coquillage.
Je plonge et je m’amuse
Je suis très loin dans la mer.
J’éclabousse les «pince-sourire»
































Le « pince-sourire »
Le pince-sourire vit dans une cabane dans la mer. Quand, un petit enfant boude quelque part sur la terre, il serre les lèvres. Alors, le « pince-sourire » vient lui pincer la joue doucement et ça le fait sourire le petit enfant.








Un papillon de mer

Il peut nager dans la mer
Il peut voler dans les nuages.Il va vite dans le ciel« Je vole avec mes ailes de coquilles Saint-Jacques, dit le Papillon de mer. Je vole très bien. »







Rocher blanc avec une bouche toute riante.Il a un petit œil et un gros œil. Il regarde les petites choses avec le petit œil.Il regarde les grandes choses avec le gros œil. C’est un « regardeur ».






Jeff et Channe avec les enfants

Muriyat