jeudi 29 janvier 2009

Pierre Bordage : La Fraternité du Panca - Soeur Ynolde.


Sœur Ynolde, deuxième passage de témoin de La Fraternité du Panca, après « Frère Ewen », poursuit le voyage dans l’espace et le temps en quête de la sauvegarde de la vie.

Pierre Bordage, à travers des personnages empreints d’humanité, nous confronte aux questions essentielles de la philosophie, de la spiritualité, de la démocratie aussi. La vie avant tout mais à quel prix !



La fraternité du Panca, une confrérie, une chaîne d’êtres qui partageant le même objectif, défendre la vie, se rassemblent pour former une chaîne d’âmes. Pour que cette chaîne soit efficace, il faut cinq maillons. Frère Ewen, au prix de sa vie, a transmis son âmna (en gros, son âme) sous la forme d’un implant à sa fille devenue Sœur Ynolde.

Ynolde doit à son tour trouver le maillon suivant pour lui transmettre son âme et celle de son père. Mais l’entreprise est difficile car de nombreuses puissances s’opposent à la destinée de la Fraternité.

Pierre Bordage à travers ses romans y compris les plus désespérants, me réconcilie toujours avec l’humanité. Après le premier voyage dans un presque infini temporel avec Frère Ewen, j’attendais avec impatience la suite. Me voici, après la lecture de Sœur Ynolde, le même état d’impatience. Et la même espérance en dépit de tout, ce qui fait du bien en ce début d’année où la crise est déclinée dans toutes ses couleurs de grisailles.

S’affranchissant des limites temporelles de l’après demain, Pierre Bordage retrouve des territoires temporels qui vont au-delà de notre galaxie. De quoi décoller mais tout en gardant les pieds sur terre. Car tout en envisageant les devenir de cet essaimage de l’humanité dans les étoiles, c’est toujours de l’humain qui est en nous qu’il est question. D’aujourd’hui, de la vie, de son avenir, de la valeur qu’on lui accorde. De la liberté aussi.

Pierre Bordage, en nous emportant très loin dans la dérive temporelle, nous ancre cependant aux débats philosophiques de cette bonne vieille terre. Il défriche quelques une des pistes des temps à venir qui s’offrent à nous dans ce présent incertain. Tout en nous avertissant que cet incertain sera toujours à venir si nous ne restons pas sur nos gardes. Tout dépend des choix individuels. Tout dépend de l’empathie, de la compassion, de l’amour.

Pierre Bordage n’écrit pas là un roman à l’eau de rose, loin de là.
Il frappe avec ses mots là où l’humain se fait mal en ne respectant pas l’autre. Il frappe et il caresse.
Lire « La fraternité du Panca » c’est pendant un moment se dire qu’après tout, les utopies qui nous animent chanteront peut être en harmonie, plus loin dans les étoiles ou dans nos cœurs ici.
Pierre Bordage avec ses mots vous pose la main sur l’épaule pour chuchoter de l’espérance.
Tout en vous promenant d’un bout de l’espace à l’autre, avec de l’action, du suspense, des doutes…
Pierre Bordage, c’est comme s’il écrivait un tarot du futur en images lumineuses. A travers nos voyages interplanétaires, je découvre tout un bestiaire, des paysages aux couleurs d’enluminures. Et plus que tout des personnages auprès de qui j’aimerais m’installer quelques pages de plus pour mieux les connaître.
Tout cela est écrit dans un style tel que vous voyez ce que vous lisez.
Pierre Bordage est un enchanteur humaniste.
A lire pour s’affranchir des ombres qui nous entourent.

La fraternité du Panca, Tome 2 : Sœur Ynolde (Broché) Pierre Bordage (Auteur)

• Broché : 444 pages
• Editeur : Librairie L’Atalante (15 novembre 2008)
• Collection : La Dentelle du Cygne
• Langue : Français
• ISBN-10 : 2841724514
• ISBN-13 : 978-2841724512

Muriyat

mardi 27 janvier 2009

Atelier Art en Jeux de la Maison Jacques Prévert : La fresque de la bibliothèque

A l'Atelier "Art en Jeux" de la Maison Jacques Prévert de Dieppe, les enfants et nous, (Jeff et moi) considérons la bibliothèque située non loin de notre atelier, comme une source d'inspiration. Il n'y a pas de séances où nous n'allions chercher un dragon chinois, la définition d'un mot, le savoir-faire d'une nouvelle technique, découvrir le travail d'un illustrateur ou d'une illustratrice, partager les gâteaux de nos anniversaires. Enfin, un lien solide s'est tissé au fil des années. La bibliothèque, c'est notre annexe pour trouver des rêves à mettre en images.
Alors quand Murielle, la bibliothécaire, nous a proposé de remplir d'images un espace qu'on ne pouvait remplir de livres à moins que tous les usagers de la bibliothèque ne soient un peuple de géants et les bibliothécaires, un escabeau sous la main en permanence.
Donc, cet espace gris, vide, triste attendait des couleurs. Pou l'Atelier "Art en Jeux",c'était un cadeau de nous offrir cet espace.
Toutes les années, nous faisons le tour du monde. Soit sur un thème spécifique, soit au gré des curiosités des enfants selon les pays, l'objectif étant de découvrir les différences dans les expressions artistiques et aussi tout ce qui nous rassemble, nous les humains.
Alors on s'est décidé pour un voyage sur toutes les façons de raconter comment le monde avait été créé.
De tous les temps,les hommes ont tenté de comprendre le monde dans lequel ils vivaient pour l'apprivoiser.
Les hommes se posaient beaucoup de questions et ils auraient été démunis pour y répondre s'ils n'avaient pas eu le pouvoir de l'imagination.
Sans oublier parfois l'intuition...
Alors, avec ce qu'ils voyaient dans le monde qui les entourait (les plantes, les animaux, les divers phénomènes météorologiques), images par images, des contes aux légendes, ils créèrents les mythes pour expliquer ce que la science raconterait à sa façon plus tard.
Les mythes, les images, leurs mots, transmits, puis écrits dans les livres trouvèrent les bibliothèques pour s'y nicher et attendre que de petits lecteurs les fassent éclore à nouveaux.
Et c'est ce que nous avons fait.
Nous n'avions que 17 panneaux à peindre aussi il a fallu choisir nos itinéraires de voyage.


Le jour du vernissage, photographie dans Paris Normandie du 26/1/09.

Pour consolation, nous continuons de tracer notre route en couleurs dans notre carnet de voyage de l'année.
Mais pour la bibliothèque pas question d'envahir tout l'espace. Aussi nous avons réussi à croiser les mythes de certains peuples. Les amérindiens et les inuits : les indiens du cercle polaire de l'alaska à la sibérie partagent les mêmes peurs, les mêmes désirs et parfois leur trait d'encre peuvent se superposer.
Certains animaux d'un bout du monde à l'autre ont généré la fascination. Ainsi les dinosaures ont sans doute donné naissance au mythe des dragons.
Les techniques peuvent se croiser aussi les humains étant confrontés aux mêmes matériaux ou défaut de ceux ci pour s'exprimer.
Alors voici ci dessous, les images de notre voyage telles qu'elles sont données à voir dans l'espace bibliothèque de la Maison Jacques Prévert.
Du coté des participants, toutes les enfances ont mêlé leurs rêves. Nous avions déjà une banque d'images réalisées les années précédentes...
Les enfants du centre de loisirs, ceux de l'atelier Art en jeux, tous nous ont donné un bout de rêve pour le tisser avec les autres.
Autant dire que ce genre de projet est plus facile à réaliser quand vous avez pour soutien une municipalité pour qui la notion d'éducaton populaire





"Le Big-bang"

Technique : crayon-patate, coton-tige, doigts et acrylique

La source : Les aborigènes d'Australie et leur chemin du rêve

L'oeuf du dragon, le parchemin


Techniques : acrylique et pinceau

La source : notre travail sur le moyen-âge et ses enluminures la saison passée d'où le choix du parchemin. Pour le dragon, c'est l'ami de notre imaginaire à tous. Qui de l'oeuf ou du dragon a généré le monde, nous ne pouvons répondre à la question tout comme pour l'oeuf et la poule.
La version d'Ombeline.

Finalement, tout en discutant un mercredi matin, Ombeline puis Emma eurent l'idée d'un oeuf contenant tous les animaux du monde, parmi lequel un serpent à plume, c'est à dire une sorte de dragon du côté de la sud amériqe, pousse avec son nez pour faire exploser l'oeuf...




Le serpent du rêve

Technique : crayon-patate, coton-tige, brosse et acrylique

La source : Retour vers la création du monde à la façon des aborigènes. Le serpent du rêve traverse la terre et les espaces du ciel.... Les couleurs sont un hommage à la terre

La création du jour et de la nuit

Technique : pinceau, crayon-patate, acrylique

La source : Les oiseaux figurent comme héros dans de nombreux récits de création du monde. Tantôt ils créent les saisons, telle l'hirondelle qui nous apporte le printemps, pour d'autres pays, ce sont les grues, les oies... Les oiseaux portent le ciel pour le séparer de la terre.


La version de Capucine

Dans un recueil de contes des années 70 illustrée par Vladimir Hulpach (Tchèque), une image interpelle e les enfants presque chaque année. Chacun se l'appropriant avec son style.

Nous avons choisi de tisser cette image avec les techniques des aborigènes.



Les quatre éléments : l'Air, la Terre, le Feu et l'Eau

Technique : crayon patate, doigts, bouchon de liège et pinceau, acrylique.

La source : De l'Océanie en passant par l'Afrique tout en utilisant les symboliques pour figurer les éléments, tout en les reliant par une image primitive de l'humain réalisé au charbon de bois.

L'Humain

Technique : peau de mains et acrylique

La source : les images positives sur les paroies des grottes. L'exercice n'est pas si facile à conjuguer quand de nombreuses menottes attendent leur tour pour se marquer sur le support.

Voici pour l'histoire et la présentation des premiers panneaux.

La suite dans quelques jours...



Muriyat


jeudi 22 janvier 2009

Glyphe 15 : peau-aime maya


Les oiseaux emportent le ciel
Vers tes caresses
Tu sculptes le temps de la terre
en fou jazz
Libre
Et le murmure des arbres
Se réjouit hors du clavier
De l'orgue de chair
Ecoute cet accord
Ecoute toi
Déborder de ta raison
Jean-François Benoist
Muriyat

lundi 19 janvier 2009

"60 jours et Après" de Kim Stanley Robinson, quand la science-fiction flirte avec le réel

Après "Les quarantes signes de la pluie", "50 ° au dessous de zéro", Kim Stanley Robinson poursuit sa trilogie des catastrophes climatiques en dressant le listing des solutions tout cela dans le cadre des premiers jours de l’élection d’un nouveau président aux Etats Unis. Comment ne pas songer aux premiers jours de la présidence d’Obama ?

En cette fin d’année, alors que nos thermomètres descendent jusque aux frimas, je ne pouvais pas oublier ma lecture de l’année passée « 50 ° au dessous de zéro », une lecture si marquante que j’ai équipé tous les membres de la maison en « polaire » suivant les conseils du héros , Frank, pour se protéger du froid.

Et j’attendais donc la suite pour savoir s’il était possible, envisageable qu’on se tire du bourbier "désordre climatique"dans lequel on s’enfonce inexorablement y compris dans notre monde réel. Autre croisement de réalité avec la fiction, la crise climatologique ne suffit pas, la dépression économique, la hausse du prix de l’énergie, puis sa chute, tout me ramène à la lecture de la trilogie de Kim Stanley Robinson. J’étais vraiment à point, côté moral pour lire « 60 jours et après ». L’élection de Barack Obama me faisant douter des espaces temps dans lesquels je me trouvais.

Déjà que cet été, les russes et les canadien se disputaient l’espace délivré par le dégel de la banquise, (problème évoqué dans « 50 ° au dessous de 0), je me demandais dans quel état j’allais sortir de la lecture de ce dernier tome.


Désespérance absolue ou sursaut d’optimisme. Et bien, Kim Stanley Robinson, s’il ne m’a pas complètement rassurée, me conforte dans le fait qu’il ne faut pas se dire qu’il n’y a rien à faire en attendant que tout s’écroule.


Bien sûr c’est un roman, mais le listing de toutes les solutions à l’étude pour parer aux désordres et dégâts auxquels nous allons être confrontés me donnent à penser qu’il y a des solutions.
Tout comme il y en avait pour ne pas en arriver là si vous tenez à la version déprimante. Oui, il y a des solutions. Mais il faut la volonté politique.

Dans ces premiers jours de présidence, Phil Chase, notre démocrate de fiction va s’entourer d’une équipe de scientifiques pour affronter les différentes problématiques. De quoi faire grincer des dents à bien des grincheux de tous ordres. Ceux qui défendent leurs gros profits, ceux qui profitent des crises.
Phil Chase va mettre en place un New Deal version écologique. Si seulement cela pouvait être vrai dans notre monde réel. Je doute que les 60 jours à venir me conforte dans cet optimisme très relatif. D’autant plus que les méchants, les agences aux logos impossibles à retenir, plus ombreux encore que la CIA, vont tout mettre en œuvre y compris le pire pour que l’avenir reste improbable.
Frank, le personnage qui s’impose le plus dans le récit depuis le deuxième tome, reste confronté à ses problèmes de décisions. Il est vrai qu’aucune décision ne peut être sans conséquence. Ainsi l’implantation de lichens dans la forêt sibérienne destiné à dévorer les excédents de carbone sont en train d’étouffer la forêt. J’ai cependant été moins prise aux trippes dans ce bouquin, parce que peut être la réalité est trop proche, parce que ma lucidité entrave mon désir d’espérance.
J’aurais aimé, mais c’est sans doute un excès de sentimentalisme de ma part, que le personnage du petit garçon doté de pouvoirs mentaux hors de l’ordinaire soit développé. C’est comme si côté personnages, il y avait eu de quoi nourrir la trame de plusieurs romans. Donc, je me suis surtout attaché à Frank, mise à sa place.

J’attends ce que l’actualité va nous dévoiler dans les prochains mois. Jamais un livre de fiction n’a été aussi proche du réel. Lire ce roman, ces trois parties, c’est un peu tenter de comprendre le fonctionnement de notre monde dans toutes ses composantes : économiques, politiques, philosophiques. Je me demande si les lecteurs américains qui ont lu ce livre ont été influencés dans le cadre de leur choix pour Obama ?

En tout cas, s’il est une idée à retenir, c’est qu’il faudrait donner la parole aux scientifiques, pour la prendre en compte et pas seulement dans le cadre d’une communication politique (par exemple comme le Grenelle de l’environnement ou les paroles ont été écoutées mais sans que les actes suivent). Kim Stanley Robinson m’a aussi donné envie de lire l’œuvre de Emerson et de Thoreau. J’aime bien quand un auteur invite à d’autres rencontres en lectures.

Avec cette trilogie, Robinson dépasse le roman de science-fiction. Je dirais presque que l’aspect « romanesque » est un capteur d’attention pour nous faire lire le reste, c’est-à-dire l’essentiel, le cri d’alarme et l’appel à mettre en œuvre les solutions existantes en mettant de côté les égoïsmes. Donc, on risque d’être déçu par un sentiment d’inachevé côté romanesque, un manque d’aboutissement du côté des personnages. Je conseille cependant vivement la lecture de ce livre dans les 60 jours qui viennent. Histoire de faire un comparatif des énergies mises en œuvre.
En attendant, dans le cadre d’un optimisme relatif, je continue de trier mes déchets, de veiller sur mon compost et je me pose la question d’un potager. Je n’achète plus aucun légume ou fruit qui ne soit de saison ou qui n’ait abusé des kilomètres pour venir jusqu’à moi. Comme quoi certaines lectures sont influentes sur notre vie.






Titre : 60 jours et après
Auteur : Robinson Kim Stanley
Traduction : Dominique Haas
Couverture : Atelier Didier Thimonier
Éditeur : Presse de la Cité
Parution : Novembre 2008
ISBN-10 : 2258076420
ISBN-13 : 978-2258076426
Broché : 571 pages

Muriyat

lundi 12 janvier 2009

Images à conter pour l'Enfant du Rêve (Suite)





C'est le temps des résolutions, des engagements qu'on prend pour l'année. Et si cette fois, on tenait bon.
Chaque semaine, avant de jeter les magazines, on fait le tri des images qui nous soufflent une étincelle de rêve.
Si à la bibliothèque que vous fréquentez, on met les magazines au pilon, proposez de donner un coup de main pour les mettre au recyclage et récupérez les images qui vous chuchotent quelque chose d'indicible.
N'oubliez pas de regarder les images dans tous les sens. Une image banale de publicité sur un parfum, mise sens dessus dessous vous parlera d'une autre photo à trouver...
Alors triez, triez avant de jeter de crainte de jeter des rêves en même temps que le papier.
Muriyat



vendredi 9 janvier 2009

Glyphe 14 : peau-aime maya

Rouille la contrainte et ses épines
Sous le ciel de souffre et de souffrance
Rouille l'oeil du serpent nu
Seule la mort
Gagne la guerre
Les cris et les crimes
Percent le silence blanc
Se perdent dans le silence blanc
... l'immense silence blanc
Assourdi
Abasourdi
L'errant s'est arrêté
Il retourne son regard
Le temps de dénouer les nuées vives
Le temps de libérer le murmure des arbres.

Jean-François Benoist

Muriyat

L'Atelier Art en Jeux pour la Bibliothèque Jacques Prévert de Dieppe

Après 4 mois de travail acharné avec les enfants pour mettre en page leurs couleurs et leurs rêves, voici enfin l'aboutissement du projet créé pour la Bibliothèque de la Maison Jacques Prévert.
Inscrite dans le réseau des Médiathèques de Dieppe, la Bibliothèque de la Maison Jacques Prévert faisait son lifting.
Pour le parfaire, et remplir de couleurs un espace inutilisable pour le rangement des livres, les bibliothécaires ont pensé aux enfants de l'Atelier Art en Jeux.
Initié au printemps dernier, nous avons décidé de travailler sur tous les rêves que les hommes ont fait pour imaginer comment le monde avait été créé. D'où des images des mythologies de tous les espaces temps et rêves de la planète.



Muriyat
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jeudi 1 janvier 2009

Voeux en tendresse à tous


J'oublie toujours que la signification de "Muriyat" n'est pas connue de tous. Peut être que même ceux qui ont lu Frank Herbert, "Les enfants de Dune" n'ont pas remarqué ce mot. Moi, c'est comme si j'avais retrouvé un mot perdu de mon vocabulaire des rêves. "Muriyat" cela veut dire, en amour, par amour et pour l'amour. Et n'est ce pas l'essentiel vers quoi nous devons tendre dans la vaste geste humaine....

Muriyat